Les start-up attirent davantage les mécènes

paul Bosmans Pulse foundation start upEssor de la philanthropie entrepreneuriale.

L’entrepreneuriat est à la mode, y compris auprès des plus fortunés et philanthropes. Deux ans à peine après sa création sous l’égide de la Banque Degroof, la Pulse Foundation, dédiée au soutien à l’entrepreneuriat, a vu son budget passer de 1 à 1,2 million d’euros. De quoi faire pâlir d’envie pas mal d’organismes publics. Le nombre de donateurs a doublé, de 6 à 12. On y retrouve quelques héritiers de grandes familles industrielles belges (Solvay, de Spoelberch, Halley, Lhoist…) et française (les Mulliez, à la tête du groupe Auchan), autant que des poids lourds du monde des affaires comme Bart Verhaeghe (FC Bruges et la société immobilière Uplace), Herman Daems (GIMV) et Dominique Moorkens (Alcopa).

« Traditionnellement, la philanthropie en Belgique concernait en priorité les arts et le patrimoine, la recherche scientifique et l’éducation. On observe désormais clairement un glissement vers le soutien aux jeunes entrepreneurs. Il y a une prise de conscience que notre prospérité repose désormais sur le développement des jeunes pousses et leur capacité à créer de l’emploi », souligne Paul Bosmans, directeur général de la Pulse Foundation. Cet ex-consultant en marketing n’a visiblement pas trop de mal à convaincre des entrepreneurs fortunés à puiser dans leur portefeuille pour soutenir la relève. « Il y a certes un aspect émotionnel, mais nous mettons aussi en avant des éléments rationnels en démontrant l’impact que ce type de philanthropie a en termes de création d’emplois. »

Et Paul Bosmans de sortir un premier bilan chiffré : les 8 associations soutenues par Pulse (les plus connues au sud du pays étant Réseau Entreprendre, Youthstart, JobYourself et Solvay Entrepreneurs) ont vu naître 197 nouvelles entreprises, qui ont elles-mêmes créé 621 emplois directs en 2013 (+26 % par rapport à 2012).

En apportant des fonds, mais aussi une expertise et un réseau à ces associations, la fondation veut soutenir l’entrepreneuriat sous toutes ses facettes, que ce soit l’étudiant surdiplômé qui lance une spin-off ou le jeune au chômage qui crée son propre job d’indépendant. « Le chiffre d’affaires cumulé des autocréateurs d’emplois que nous soutenons (via JobYourself à Bruxelles principalement, NDLR) atteint déjà 2.950.000 euros. Et si on extrapole ces chiffres en termes d’économies pour le budget de la sécurité sociale de l’Etat, on arrive à 38 millions », calcule Paul Bosmans.

« Depuis l’école jusqu’au décollage »

Pulse a bon espoir d’atteindre le 1,5 million de budget annuel dans les deux ans. Deux gros donateurs devraient rejoindre les rangs d’ici la fin de l’année. Ses priorités sont notamment d’élargir sa présence sur l’ensemble du territoire belge et d’améliorer les synergies entre les associations actuellement soutenues, « pour que les jeunes qui veulent entreprendre soient accompagnés depuis l’école jusqu’au décollage de leur projet ».

D’après Paul Bosmans, la philanthropie entrepreneuriale intéresse également de plus en plus d’autres fondations plus « traditionnelles » que Pulse. A titre d’exemple, le Fonds Inbev Baillet-Latour (lié aux héritiers des Brasseries Artois) a fait un don de 200.000 euros dans l’incubateur pour étudiants-entrepreneurs Venture Lab, inauguré à Liège il y a une semaine.

Ce contenu a été publié dans Uncategorized. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *